La précaire situation des immigrants en France

La précaire situation des immigrants en France
Le voyage a duré deux jours. Dans le car qui le menait jusqu’en France, Sorin a rigolé avec les copains. Arrivé à la gare d’Austerlitz, tout le monde s’est tu. Ce trajet, il l’avait mille fois fait dans sa tête, suivant de son doigt les cartes routières. Cela faisait si longtemps qu’il voulait partir. Pour obtenir un visa, il avait fallu soudoyer des «personnes avec de l’influence». Et trouver 1 100 euros! Ses parents avaient vendu leur unique voiture pour financer le départ de leur fils... A Paris, Sorin ne connaissait personne. C’était en 2000, il avait 22 ans.
«Au début, c’était dur. Quand j’appelais mes parents, je leur disais que c’était le paradis. En fait, je dormais dans la rue et je mangeais au Resto du Coeur.» Dans la rue, on donne à Sorin le tuyau* du Point P, la grande plate-forme du bâtiment en banlieue parisienne. Là, c’est le marché aux esclaves. Il y a le coin des Serbes, des Ukrainiens, des Russes... Les entrepreneurs viennent faire leurs courses. Ils embarquent, en même temps que des sacs de ciment, un maçon ou un carreleur pour des chantiers. Sorin y est allé. Un Portugais l’a pris. «Je ne parlais pas le français. Il me disait: donne-moi la pelle, je prenais le marteau.» Aujourd’hui, Sorin a appris le métier, parle le français. Il se débrouille, avec des chantiers par-ci par-là, loue un deux-pièces avec sa femme, roumaine elle aussi, rencontrée à Paris. Surtout, il a réussi à acheter un appartement en Roumanie pour 7 500 euros en 2004: «Aujourd’hui, il a triplé de prix!» Mais il travaille toujours au noir, comme sa femme, nounou dans une famille à Paris. «Je suis censé rentrer tous les trois mois pour renouveler le visa de tourisme. Mais si j’ai un job, je ne peux pas tout planter! J’aimerais enfin pouvoir travailler légalement. Nous, les Roumains à l’étranger, on n’a aucun droit. On est un peu comme des esclaves.»
*Donner le tuyau : ‘donner une indication confidentielle’

Compréhension du texte

1.- Cochez les bonnes réponses :
□ Quand Sorin est arrivé à Paris, il parlait déjà le français. 
□ Il avait assez d’argent pour partir en France. 
□ Il a fait le voyage avec ses parents. 
□ Depuis qu’il vit à Paris, il n’est jamais retourné chez lui. 
□ Il aimerait acheter un appartement en Roumanie. 

2.- Proposez un titre pour ce texte

Lexique et grammaire

3.- a)Trouvez dans le texte un synonyme pour:
a.1.- camarades: copains
a.2.- suborner: soudoyer
a.3.- périphérie: banlieue
a.4.- nourrice: nounou
3.- b) Dites le contraire:
b.1.- Sorin ne connaissait personne: Sorin connaissait quelqu’un
b.2.- On n’a aucun droit: On a quelques droits/ On a des droits
3.- c) Réécrivez la phrase suivante en commençant par «Son père…»:
Ses parents avaient vendu leur unique voiture pour financer le départ de leur fils.
  • Son père avait vendu son unique voiture pour financer le départ de son fils.
3.- d) Mettez au singulier:
Les entrepreneurs viennent faire leurs courses.


+EXÁMENES RESUELTOS

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